Étape par étape

On parle souvent des étapes du deuil lors de la perte d’un proche. Mais celles-ci s’adapte à bien d’autres situations et notamment à la maladie. On ne se rend pas toujours compte de l’impact d’une maladie sur le quotidien d’une famille et quand celle-ci est silencieuse c’est encore plus dur à concevoir.
Lorsque la maladie nous touche personnellement le déni est une étape longue, très longue. C’est difficile d’accepter ce changement et ces impacts au quotidien. Me concernant les escaliers et dénivelés sont devenus mes bêtes noires. J’essaye d’en tenir compte d’autant que ça induit une certaine fatigue et bien souvent des douleurs, mais je refuse que cela dicte ma conduite. Depuis 2 ans 1/2 je refuse cette maladie, même encore aujourd’hui j’ai du mal à me voir comme quelqu’un de malade. Après tout extérieurement je suis comme avant, seule différence une jambe plus grosse que l’autre mais je suis la seule à le voir. Néanmoins j’avance petit à petit.
Une autre étape s’est entremêlée avec le déni : la colère. Une colère qui bouillonne contre tout! Contre les médecins qui ne m’ont pas donné les bons dosages d’anti-coagulant. Contre ceux des urgences qui ne m’ont pas pris en charge malgré ma douleur et ma détresse. Contre ce foutu corps qui ne m’a pas prévenu de ce caillot qui grandissait. Contre cette jambe qui m’a lâché et à cause de qui je n’arrivais pas à m’occuper de mon bébé pendant presque un mois. Contre cette fatigue qui ne me quitte plus malgré une lutte acharnée pour en venir à bout. Heureusement au milieu de tout ça j’ai été écouté et entendu par 2 médecins. Grâce à elles j’ai pu faire un allaitement mixte d’un an, j’y tenais tant peut-être pour atténuer la frustration de ne pas avoir pu gérer pendant un certain temps. J’ai également reçu de l’aide et du soutien de proches et de la famille.
Depuis quelques temps je me sens plus apaisée, la colère est encore là mais moins dévastatrice. Elle est plus « raisonnée », elle se réveille avec la fatigue ou la douleur donc elle est plus facile à gérer.
Par contre, je ne suis pas sûre de vouloir franchir l’acceptation. Parce que cela voudrait dire que je serais malade toute ma vie. Ce serait perdre tout espoir de guérison et ça c’est hors de question! L’espoir c’est ce qui fait avancer, même si par moment il s’estompe il re né de ses cendres tel un phénix.
Alors j’avance étape par étape. J’essaye de retrouver plus de sérénité pour moi, pour mes dragonnes et pour papa dragon. Ce n’est pas facile tous les jours mais je m’accroche. Certains jours comme hier la douleur se fait plus forte et me rappelle que le caillot est toujours là. Mon angiologue me dit d’être patiente, la guérison ne sera pas totale mais des améliorations sont encore possible. J’apprend donc la patience!

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